start-up

    

le bilan commode: un cas pratique

Deux amis ont décidé de créer une start up dont l'activité est double, d'une part le travail graphique et d'autre part, l'achat-vente d'ordinateurs d'occasion. 

 

Le bilan de la start-up permet d'illustrer son développement, étape après étape. Ce bilan est représenté d'une manière imagée par une commode, comportant deux colonnes de tiroirs, une gauche et une droite. Les tiroirs de droite s'appellent, en ordre descendant, capital, crédit, dettes. Ceux de gauche sont appelés investissements, clients ("argent dû" par des tiers) et caisse.

 

commode-r2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

1- création de la start up  

2- premier investissement

3- obtenir un financement

4- nouvel investissement 

5- premières ventes

6- premiers encaissements

7- garder ou distribuer les bénéfices

 

 

 

 

 

 

 

  

00 b1.JPG   LES  ASSOCIÉS  VERSENT  LEUR  PART  DANS LA SOCIÉTÉ

 

Chacun met 1000 euros dans l'affaire, en liquide. Le tiroir "caisse" contient ce premier versement, soit 2000 euros. Plus tard, on va puiser dans cette caisse pour faire des achats, et, il faut l'espérer, encaisser des ventes.

 

Pour s'y retrouver, il faut bien noter quelque part le montant de la mise initiale des deux associés. C'est à cela que sert le tiroir "capital". Dedans il n'y a pas d'argent, mais deux papiers indiquant seulement qui a versé quoi initialement.

 

Le schéma symbolique ci-dessous représente l'état de la commode

 

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

B1.JPG

 

Total colonne de gauche: 2000 euros  - colonne de droite:  2000 euros

 

 

Voilà, nous avons passé nos premières écritures !

 

 

 

 

 

 

 

 
00 b2.JPG  ACHAT  D'UN  ORDINATEUR  POUR LA  GESTION

 

Les deux amis achètent un premier ordinateur de 1500 euros. La caisse va baisser du même montant, mais l'entreprise possède à présent un ordinateur. Pour faire état de cette acquisition, on place la facture (payée) dans le tiroir supérieur gauche.

 

La nouvelle physionomie de la commode est donc comme suit: 

 

 

B2.JPG

 

Total colonne de gauche: 2000 euros - colonne de droite: 2000 euros

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 
00 b3.JPG  DE  NOUVELLES RESSOURCES SONT  NÉCESSAIRES

 

Un ordinateur, c'est insuffisant. Par ailleurs il faut pouvoir acheter les ordinateurs d'occasion qui se présenteront. De nouvelles ressources sont nécessaires. Un ami de la famille est disposé à mettre 5 000 euros dans leur affaire.

 

Les deux amis réfléchissent: quel statut donner à cet ami, actionnaire ou prêteur ? S'il devient actionnaire, ses 5000 euros lui donneront la majorité et le pouvoir de décider seul ou presque. S'il prête les 5000 euros, il faudra commencer à le rembourser alors que l'entreprise n'aura peut-être pas fait de ventes. Ils décident donc une solution moyenne: un prêt de 3500 euros et l'achat d'une part de 1500 euros. 

 

Le versement global du nouveau partenaire, soit 5000 euros vient dans la caisse qui passe donc à 5500 euros. En ce qui concerne la colonne de droite, le tiroir capital augmente de 1500 euros, soit la part de Mr zzz. 

 

Un nouveau tiroir est créé, intitulé "crédit". On place dedans le contrat de prêt des 3500 euros, souscrit entre l'entreprise et le même M zzz.

 

Le bilan "commode" devient le suivant:

 

 

 

B3.JPG

 

 Total colonne de gauche: 7000 euros - colonne de droite: 7000 euros

 

 

 

Avant de poursuivre, une remarque. Ce qui se déroule sous vos yeux est une séquence de ce qui s'appelle la comptabilité en partie double. Pourquoi double ? Parce ce qu'un flux financier est toujours identifié par un point d'origine et un point d'aboutissement.

 

Je verse x euros en capital, donc je modifie le poste "capital". cet argent se retrouve en caisse, donc le contenu de "caisse" augmente. Et ainsi de suite.

L'avantage ? On voit tout de suite ce que l'entreprise DOIT, c'est la colonne de droite. Et ce qu'elle a fait de cet argent, son EMPLOI, est à gauche.

Comment faisait-on avant l'invention du bilan et de la comptabilité en partie double ? On écrivait tout à la suite. Date, opération, montant. Imaginez la fin du mois: cent, mille écritures qu'il fallait regrouper pour s'y retrouver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

00 b4.JPG  ACHAT  D'UN  DEUXIÈME  ORDINATEUR  

 

Un deuxième ordinateur a été acheté 1000 euros. Le vendeur a spontanément proposé de payer dans les quinze jours. 

 

Voici le nouveau bilan après cette opération:

 

 

 

B4.JPG

 

 

 Total colonne de gauche: 8000 euros - colonne de droite: 8000 euros

 

 

 

Il n'y a pas eu de paiement, donc pas de changement au niveau de la caisse. En revanche la colonne de droite voit apparaître le crédit du fournisseur de l'ordinateur Dell. Ce n'est pas un emprunt, c'est une forme de crédit. Pour dire les choses autrement, l'entreprise a une dette vis-à-vis du fournisseur. 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 
00 b5.JPG  PREMIÈRE  VENTE,  PAYABLE  DANS  UN  MOIS

 

La première vente a été réalisée!

 

Plus exactement un achat d'ordinateur d'occasion, payé comptant 300 euros, revendu quelques jours après, dans le même état, pour 500 euros. Une facilité de paiement de 30 jours a été accordée à l'acheteur qui ne pouvait pas payer comptant.

 

 

B5.JPG

 

 Total colonne de gauche: 8200 euros - colonne de droite: 8000 euros

 

 

La caisse a baissé de 200 euros, le prix de l'ordinateur d'occasion payé comptant. 

 

En revanche, les autres transactions

- la revente de l'ordinateur d'occasion

- l'achat du Dell

n'ont pas donné lieu à des mouvements de cash, puisque tout s'est fait à crédit.

 

On constate à présent que le total des colonnes n'est plus identique. La différence est de 200 euros. C'est précisément le bénéfice réalisé sur l'opération d'achat-vente de l'ordinateur d'occasion. A qui appartient ce bénéfice ? Aux actionnaires. Donc il figure à droite.

 

Voici comment le bénéfice est exprimé:

 

B5b.jpg

 Total colonne de gauche: 8200 euros - colonne de droite: 8200 euros

 

 

Remarquons que la Caisse désigne en fait les liquidités, c'est-à-dire le "cash" et surtout les avoirs bancaires courants. On a compris dans l'exemple ci-dessus que ces liquidités n'ont rien à voir avec la rentabilité ou le bénéfice.

  

 

 

 

 

 

 

 

 
00 b6.JPG  LE CLIENT EST  VENU  RÉGLER SON ACHAT

 

L'acheteur d'ordinateur d'occasion est venu régler son achat, soit 500 euros. En conséquence, le crédit "client" est effacé et la caisse augmente à hauteur de cet encaissement.

 

B6.jpg

 

 Total colonne de gauche: 8200 euros - colonne de droite: 8200 euros

  

 

 

 

Différence entre capital et fonds propres: le bénéfice appartient aux actionnaires, c'est leur entreprise. Ils peuvent le retirer pour eux (ce qu'on appelle un dividende) ou le laisser dans l'entreprise. Ce bénéfice vient alors s'ajouter au capital. L'ensemble capital plus bénéfice constitue les fonds propres. Cette notion de fonds propres sera amplement discutée par la suite dans le contexte de l'entreprise et de la banque.

 

Pourquoi cette importance ? Les fonds propres rassurent tous ceux qui prêtent à l'entreprise, banques, fournisseurs et autres créanciers. Les fonds propres sont un élément-clé pour l'attribution des crédits. En ce qui concerne les banques elles-mêmes, les ratios de fonds propres sont au coeur du contrôle de leur activité par les autorités chargées de leur régulation.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

00 b7.JPG  DISTRIBUER LE BÉNÉFICE  OU  LE  LAISSER  DANS  LA  SOCIÉTÉ ?

 

Nos actionnaires ont décidé de ne pas distribuer de dividendes et donc de garder le bénéfice de 200 euros dans l'entreprise. 

 

B6a.JPG

 Total colonne de gauche: 8200 euros - colonne de droite: 8200 euros

 

 

Avant l'affectation des bénéfices, le capital était de 3500 euros. Après affectation, ce qu'on appelle dorénavant les fonds propres s'élèvent à

 

3500 + 200 = 3700 euros

 

 

 

 

 

 

 

    

  @ défilante.jpg

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MAJ 02/17



07/04/2015