les taux négatifs

 

@  @.jpg

image (5).png

Les taux négatifs sont l'un des aspects du quantitative easing de la BCE. Le but est de dissuader les banques de garder leurs disponibilités et de les inciter à prêter aux entreprises. Ce que l'on sait moins est que le dispositif permet aussi aux banques d'augmenter discrètement leurs fonds propres.

 

 

pourquoi les taux négatifs

De semaine en semaine, la France emprunte à taux négatifs:  

 

121015.jpg

  

Les taux négatifs sont une bonne affaire pour l’État, qui gagne en empruntant, mais a contrario c'est aussi une interrogation à propos de ceux qui perdent en prêtant, en fait les banques européennes.

 

Il faut savoir que les disponibilités des banques (hormis les billets en leur possession), leur argent donc - c’est-à-dire les sommes qui ne sont pas investies ou prêtées - sont obligatoirement déposées dans leur compte auprès de la BCE

 

Or depuis quelques années, cette dernière pénalise les dépôts des banques avec un taux d’intérêt négatif. Pour être plus précis, ce n'est pas l'intégralité des disponibilités qui est concerné, mais la partie qui excède ce qu'on appelle les réserves obligatoires des banques.

 

La comparaison des taux montre qu’en prêtant à la France, les banques perdent un peu moins qu’en laissant leurs avoirs auprès de la BCE. Mais elles perdent quand même! Alors pourquoi? Pour comprendre, il faut faire un petit détour.

 

 

l'origine des disponibilités bancaires

D’un mois à l’autre, la France a besoin d’une trentaine de milliards d’euros, ce qui n’est pas rien, même en considérant qu’une partie des emprunts français est placée en dehors de l’espace européen.

 

Les banques ont des disponibilités car les crédits à l’économie ont baissé en Europe, alors que les dépôts de la clientèle ont plutôt augmenté en raison de la baisse de la consommation. Toutefois le compte n’y est pas, les disponibilités des banques ont une autre origine.

 

La réponse se trouve la politique de rachat par la BCE de titres de dette souveraine détenus par les banques, depuis juillet 2016, ses achats des crédits. Cette composante-clé du quantitative easing, se traduit pour les banques par un paiement versé sur leur compte, … où il subit un taux d’intérêt négatif.

 

Une nouvelle interrogation surgit alors: pourquoi les banques acceptent-elles les offres de rachat de dette souveraine et de crédits aux entreprises de la BCE, puisque finalement l’opération a un coût ?

 

 

améliorer les fonds propres des banques

L’incitation vient tout simplement du bilan global des opérations.

 

Si les banques supportent effectivement un taux d’intérêt négatif pour leurs dépôts auprès de la BCE ou l’achat d’obligations françaises, elles gagnent plus, beaucoup plus, dans la vente de ces actifs, obligations d'État et crédits d'entreprise.

 

Cette vente génère en effet une marge proportionnelle à la différence entre le taux d’intérêt des crédits vendus et le taux proposé par la BCE, inférieur au précédent. Le facteur durée décuple la marge globale. Pour fixer les idées, si la BCE propose de racheter au taux de 1 % des obligations au taux facial de 2% sur dix ans, la banque touche  110% de la valeur de ces obligations dans ses comptes !

 

Une plus-value de 10% donc, immédiate et en cash.

 

Pour la banque, l'opération est évidemment très rentable: dix pour cent de revenu immédiat dont il faut retrancher un coût très faible, c'est-à-dire l'intérêt négatif payé à la BCE ou à l'État français (moins de 0.5%, annuellement il est vrai).

 

En fait, la banque peut recommencer l'opération pour une nouvelle tranche d'obligations, qu'elle revendra aussitôt à la BCE. Et ainsi de suite...

 

Il faut bien voir que cette opération ne coûte rien à la BCE, au contraire. Dans cet exemple, elle va gagner 1% d’intérêts au titre des obligations qu’elle a rachetées et dont, par ailleurs, les conditions ne changent pas pour les emprunteurs d’origine.

 

C’est surtout l’ensemble du dispositif qui est vertueux, doublement vertueux même.

 

D’un côté la BCE lutte contre la déflation par la création monétaire, et de l’autre elle permet aux banques de reconstituer leurs fonds propres grâce aux profits réalisés. 

 

Tant que le dispositif perdure, naturellement. La BCE en est seule à décider, d’autant que confirmation lui a été donnée de l’orthodoxie du dispositif au regard des accords de Maastricht et des dispositions de la constitution allemande. L’institution mérite tous les honneurs.

  

 

 

 

 

 

    

R bleu.jpg
  

@  @.jpg

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 MAJ 30/06/2019


30/09/2019


Monsieur de Tarbes

Monsieur de Tarbes

 

Bien joué, mais ce site est payant!

Merci de vous mettre en règle!


20/06/2019


Les Échos - 20/6/2018

 

 

 

 Titre.jpg

 

LE.jpg

 

  voir l'article sur le site du journal

 

 

   

 

 

@ D1.jpg
    

  @ défilante.jpg

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


09/12/2018


Les Échos- 7/12/2018

 

 

 

 Copie de l'article sur le site (les sous-titres et les mots soulignés sont de la rédaction des Echos)

 

 encart2.jpg

 

La prochaine présidentielle est en 2022, c'est demain. La vague populiste pourrait bien s'amplifier d'ici-là, et avec elle de graves menaces pour notre pays. On ne peut, pour s'en prémunir, attaquer de front le discours qui nourrit ce mouvement et nier les craintes de nos concitoyens à l'égard du numérique, de la finance, de l'immigration, de l'Europe et des élites. C'est plutôt en révélant les conséquences négatives des propositions populistes que l'on peut espérer réduire la séduction des harangues.

 

La priorité des priorités, c'est l'Europe, c'est l'euro, tous deux menacés d'abandon. Sortie de l'Europe, sortie de l'euro sont des concepts abstraits, alors que pourtant le chaos d'un probable brexit est d'ores et déjà reconnu comme inévitable par tous les Britanniques et largement médiatisé.

 

Pire encore, ce qui se passe en Italie, loin de susciter une inquiétude sur l'avenir de l'Europe, est perçu comme un banal bras de fer entre ce pays et la commission de Bruxelles. Sur un autre plan, les menaces de toute nature et à peine voilée des grandes puissances à l'égard de l'Europe, loin de déclencher un besoin légitime de défense collective, buttent sur une forme d'indifférence.

 

Absence de pédagogie

 

Nos concitoyens ont des excuses : comment comprendre en effet l'importance d'une Europe économiquement forte dans le monde, comment comprendre le rôle protecteur de l'euro, son statut de monnaie de réserve, le lien entre déficit, endettement et cours de la monnaie en l'absence d'un minimum d'éducation sur ces sujets ? Comment savoir que le taux de change dépend de moins en moins des Etats et de plus en plus des marchés... si cela n'a pas été expliqué auparavant ?

 

L'enseignement de l'économie au lycée ignore ces sujets. Pire, il donne de l'entreprise et des institutions qui la financent une vision incomplète, pour ne pas dire négative. Il faut admettre que l'association de l'économie et de la sociologie a échoué dans sa mission éducative, car l'explication de ce qui est débouche très vite, trop vite, sur son analyse critique. On peut douter de la capacité d'un jeune élève de 17 ou 18 ans à mélanger l'effort d'assimilation, le recul et le jugement.

 

Il faut saluer à cet égard la volonté gouvernementale de rénover cet enseignement. Mais il est hélas à craindre que le travail en cours ne produise de réels effets que bien trop tard.

 

Un module Europe-euro

 

Comment dès lors enseigner que la sortie de l'Europe et de l'Euro serait désastreuse pour notre pays, pour sa survie dans le monde des blocs, et qui doit le faire ? La réponse est peut-être dans la réunion de plusieurs moyens d'éducation et d'information.

 

Il n'est sans doute pas trop tard pour incorporer un module Europe-euro dans le nouveau programme d'économie au lycée. On pourrait associer aussi le supérieur, et notamment les grandes écoles, toutes catégories confondues. Prévoir des cours, et à défaut, des cycles de conférences ad hoc.

 

Quelle pédagogie adopter ? Les idées ne manquent pas, et pour commencer, l'analyse factuelle des problèmes concrets, économiques et commerciaux posés par le brexit. On pourrait présenter les problématiques de financement des start-ups et parler du travail en cours sur l'union bancaire et le marché européen des capitaux.

 

Ces quelques sujets, que l'actualité nourrit quasi quotidiennement, seraient accompagnés d'exposés sur la disparition du pouvoir de dévaluation, la complémentarité des banques et des marchés, la géopolitique des monnaies. De quoi peut-être détourner de nombreux esprits de l'illusion populiste.

 

Alain Lemasson , ancien banquier, est fondateur d'Infofi 2000.

 

  

 

 

 

 

@ D1.jpg
    

  @  @.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


09/12/2018


enseignement de l'économie

 

 

Publié dans Les Échos le 16 août 2018 

SEBDS 160818 -2.jpg

 voir l'article sur le site  

 

  

 

@ D1.jpg

 

    

  @ défilante.jpg

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 MAJ

 


02/11/2018