Notions de base

 

 

 

 

 

  

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3 Les trois notions ci-dessous sont indépendantes les unes des autres. Ce sont les briques permettant de construire toute la suite, de proche en proche, et surtout  SANS CONNAISSANCES PRÉALABLES !

C'est là toute l'originalité et la force du cours f (3).jpg. Ces notions soigneusement choisies sont le point de départ d'un cheminement progressif dans le monde de la banque et de la finance. 

  

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1LE MARCHÉ INTERBANCAIRE, POUMON DES BANQUES  

5 mn pour comprendre 

 

Il nous parait naturel de pouvoir utiliser à tout moment une partie ou la totalité de l'argent qui est sur notre compte. En réalité, cet argent n'est probablement plus disponible ou seulement en partie, car il a été prêté. En sens inverse, ce que nous déposons n'est pas forcément prêté immédiatement. La conséquence est qu'en fin de journée, certaines banques constatent un excédent de dépôts, d'autres un déficit. Les banques ont donc inventé un système de mutualisation des excédents et des déficits pour résoudre ce problème. Ce système a un nom,... le  marché interbancaire ou marché monétaire.

Bien évidemment, les clients ne se rendent compte de rien,... sauf en cas de crise, où la faillite d'une banque peut mettre en péril, par ricochet, l'ensemble du système bancaire. Avoir cela en tête change complètement la vision du monde bancaire. La raison est simple: si une banque, qui a emprunté à 10 ou 20 autres banques, annonce le lendemain qu'elle a des problèmes, c'est toutes ces banques pourtant en bonne santé qui ont alors des problèmes. Ce qu'on appelle le risque systémique. Voilà pourquoi les États sont prêts à les aider, par des prêts et pas avec des dons. S'ils ne faisaient rien, ce serait la panique ... 

 

 

2 - LES TITRES - LE MIRACLE DE LA BOURSE 

5 mn pour comprendre 

 

Cela est rarement dit: la bourse permet aux entreprises d'obtenir de l'argent sans être obligées de rembourser! Comme si elles bénéficiaient d'un emprunt non remboursable. Bien sûr il y a des contraintes, bien sûr tout le monde ne peut pas aller en bourse, mais c'est ainsi, c'est presque miraculeux. Cette invention extraordinaire fonctionne parce que ceux qui achètent les actions savent qu'ils peuvent les revendre à tout moment. Grâce à la Bourse, grâce aux investisseurs-spéculateurs, il y a toujours un acheteur! Dans la catégorie des titres, il y a aussi les obligations, une autre invention simple à comprendre, et dont la portée est considérable: Il y a deux manières de matérialiser un prêt, soit avec un contrat de crédit classique, soit avec un PAPIER AU PORTEUR signé par l'emprunteur. Vous avez compris, ce "papier" est une obligation. Arrêtez-vous une seconde sur cela. Ces titres, actions ou obligations, peuvent être achetés  et revendus à tout moment par l'investisseur sur le marché (marché obligataire ou bourse) tandis que pour l' "emprunteur" (l'entreprise qui a émis le titre au départ), rien ne change. Cette notion de titre  est fondamentale pour expliquer  la complémentarité entre le crédit bancaire et le financement par le marché et donc l'importance des marchés dans l'économie. 

 

 

3 - LE BILAN : UN OUTIL PUISSANT  

5 mn pour comprendre et 2 à 3 heures de pratique pour bien assimiler  

 

Il ne s'agit pas de plonger dans la comptabilité, mais seulement de s'emparer de cet outil souvent ignoré qu'est le bilan. Un outil qui s'apprend comme une langue étrangère ... qui n'aurait pas plus de quatre règles de grammaires et vingt mots de vocabulaire. Un mini-langage pratiqué au fil de l'eau. Son utilité est considérable. Quand on a compris comment lire un bilan, on voit tout de suite comment travaille une banque, une entreprise ou un fond. On voit aussi celles qui sont bien (ou mal) gérées. Et précisément, pour voir tout cela, le bilan est représenté dans le cours avec des rectangles colorés de tailles différentes. Le bilan "tableau de chiffres obscur" devient un tableau de bord facile à lire. On voit tout de suite les proportions, et c'est ce qui compte!. Comme pour une voiture, on peut très bien interpréter le tableau de bord sans savoir exactement comment il a été construit!

 

 

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MAJ 06/2019 

 


25/11/2019


les taux négatifs

 

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Les taux négatifs sont l'un des aspects du quantitative easing de la BCE. Le but est de dissuader les banques de garder leurs disponibilités et de les inciter à prêter aux entreprises. Ce que l'on sait moins est que le dispositif permet aussi aux banques d'augmenter discrètement leurs fonds propres.

 

 

pourquoi les taux négatifs

De semaine en semaine, la France emprunte à taux négatifs:  

 

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Les taux négatifs sont une bonne affaire pour l’État, qui gagne en empruntant, mais a contrario c'est aussi une interrogation à propos de ceux qui perdent en prêtant, en fait les banques européennes.

 

Il faut savoir que les disponibilités des banques (hormis les billets en leur possession), leur argent donc - c’est-à-dire les sommes qui ne sont pas investies ou prêtées - sont obligatoirement déposées dans leur compte auprès de la BCE

 

Or depuis quelques années, cette dernière pénalise les dépôts des banques avec un taux d’intérêt négatif. Pour être plus précis, ce n'est pas l'intégralité des disponibilités qui est concerné, mais la partie qui excède ce qu'on appelle les réserves obligatoires des banques.

 

La comparaison des taux montre qu’en prêtant à la France, les banques perdent un peu moins qu’en laissant leurs avoirs auprès de la BCE. Mais elles perdent quand même! Alors pourquoi? Pour comprendre, il faut faire un petit détour.

 

 

l'origine des disponibilités bancaires

D’un mois à l’autre, la France a besoin d’une trentaine de milliards d’euros, ce qui n’est pas rien, même en considérant qu’une partie des emprunts français est placée en dehors de l’espace européen.

 

Les banques ont des disponibilités car les crédits à l’économie ont baissé en Europe, alors que les dépôts de la clientèle ont plutôt augmenté en raison de la baisse de la consommation. Toutefois le compte n’y est pas, les disponibilités des banques ont une autre origine.

 

La réponse se trouve la politique de rachat par la BCE de titres de dette souveraine détenus par les banques, depuis juillet 2016, ses achats des crédits. Cette composante-clé du quantitative easing, se traduit pour les banques par un paiement versé sur leur compte, … où il subit un taux d’intérêt négatif.

 

Une nouvelle interrogation surgit alors: pourquoi les banques acceptent-elles les offres de rachat de dette souveraine et de crédits aux entreprises de la BCE, puisque finalement l’opération a un coût ?

 

 

améliorer les fonds propres des banques

L’incitation vient tout simplement du bilan global des opérations.

 

Si les banques supportent effectivement un taux d’intérêt négatif pour leurs dépôts auprès de la BCE ou l’achat d’obligations françaises, elles gagnent plus, beaucoup plus, dans la vente de ces actifs, obligations d'État et crédits d'entreprise.

 

Cette vente génère en effet une marge proportionnelle à la différence entre le taux d’intérêt des crédits vendus et le taux proposé par la BCE, inférieur au précédent. Le facteur durée décuple la marge globale. Pour fixer les idées, si la BCE propose de racheter au taux de 1 % des obligations au taux facial de 2% sur dix ans, la banque touche  110% de la valeur de ces obligations dans ses comptes !

 

Une plus-value de 10% donc, immédiate et en cash.

 

Pour la banque, l'opération est évidemment très rentable: dix pour cent de revenu immédiat dont il faut retrancher un coût très faible, c'est-à-dire l'intérêt négatif payé à la BCE ou à l'État français (moins de 0.5%, annuellement il est vrai).

 

En fait, la banque peut recommencer l'opération pour une nouvelle tranche d'obligations, qu'elle revendra aussitôt à la BCE. Et ainsi de suite...

 

Il faut bien voir que cette opération ne coûte rien à la BCE, au contraire. Dans cet exemple, elle va gagner 1% d’intérêts au titre des obligations qu’elle a rachetées et dont, par ailleurs, les conditions ne changent pas pour les emprunteurs d’origine.

 

C’est surtout l’ensemble du dispositif qui est vertueux, doublement vertueux même.

 

D’un côté la BCE lutte contre la déflation par la création monétaire, et de l’autre elle permet aux banques de reconstituer leurs fonds propres grâce aux profits réalisés. 

 

Tant que le dispositif perdure, naturellement. La BCE en est seule à décider, d’autant que confirmation lui a été donnée de l’orthodoxie du dispositif au regard des accords de Maastricht et des dispositions de la constitution allemande. L’institution mérite tous les honneurs.

  

 

 

 

 

 

    

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 MAJ 30/06/2019


30/09/2019


Monsieur de Tarbes

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20/06/2019


Les Échos - 20/6/2018

 

 

 

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  voir l'article sur le site du journal

 

 

   

 

 

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09/12/2018


Les Échos- 7/12/2018

 

 

 

 Copie de l'article sur le site (les sous-titres et les mots soulignés sont de la rédaction des Echos)

 

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La prochaine présidentielle est en 2022, c'est demain. La vague populiste pourrait bien s'amplifier d'ici-là, et avec elle de graves menaces pour notre pays. On ne peut, pour s'en prémunir, attaquer de front le discours qui nourrit ce mouvement et nier les craintes de nos concitoyens à l'égard du numérique, de la finance, de l'immigration, de l'Europe et des élites. C'est plutôt en révélant les conséquences négatives des propositions populistes que l'on peut espérer réduire la séduction des harangues.

 

La priorité des priorités, c'est l'Europe, c'est l'euro, tous deux menacés d'abandon. Sortie de l'Europe, sortie de l'euro sont des concepts abstraits, alors que pourtant le chaos d'un probable brexit est d'ores et déjà reconnu comme inévitable par tous les Britanniques et largement médiatisé.

 

Pire encore, ce qui se passe en Italie, loin de susciter une inquiétude sur l'avenir de l'Europe, est perçu comme un banal bras de fer entre ce pays et la commission de Bruxelles. Sur un autre plan, les menaces de toute nature et à peine voilée des grandes puissances à l'égard de l'Europe, loin de déclencher un besoin légitime de défense collective, buttent sur une forme d'indifférence.

 

Absence de pédagogie

 

Nos concitoyens ont des excuses : comment comprendre en effet l'importance d'une Europe économiquement forte dans le monde, comment comprendre le rôle protecteur de l'euro, son statut de monnaie de réserve, le lien entre déficit, endettement et cours de la monnaie en l'absence d'un minimum d'éducation sur ces sujets ? Comment savoir que le taux de change dépend de moins en moins des Etats et de plus en plus des marchés... si cela n'a pas été expliqué auparavant ?

 

L'enseignement de l'économie au lycée ignore ces sujets. Pire, il donne de l'entreprise et des institutions qui la financent une vision incomplète, pour ne pas dire négative. Il faut admettre que l'association de l'économie et de la sociologie a échoué dans sa mission éducative, car l'explication de ce qui est débouche très vite, trop vite, sur son analyse critique. On peut douter de la capacité d'un jeune élève de 17 ou 18 ans à mélanger l'effort d'assimilation, le recul et le jugement.

 

Il faut saluer à cet égard la volonté gouvernementale de rénover cet enseignement. Mais il est hélas à craindre que le travail en cours ne produise de réels effets que bien trop tard.

 

Un module Europe-euro

 

Comment dès lors enseigner que la sortie de l'Europe et de l'Euro serait désastreuse pour notre pays, pour sa survie dans le monde des blocs, et qui doit le faire ? La réponse est peut-être dans la réunion de plusieurs moyens d'éducation et d'information.

 

Il n'est sans doute pas trop tard pour incorporer un module Europe-euro dans le nouveau programme d'économie au lycée. On pourrait associer aussi le supérieur, et notamment les grandes écoles, toutes catégories confondues. Prévoir des cours, et à défaut, des cycles de conférences ad hoc.

 

Quelle pédagogie adopter ? Les idées ne manquent pas, et pour commencer, l'analyse factuelle des problèmes concrets, économiques et commerciaux posés par le brexit. On pourrait présenter les problématiques de financement des start-ups et parler du travail en cours sur l'union bancaire et le marché européen des capitaux.

 

Ces quelques sujets, que l'actualité nourrit quasi quotidiennement, seraient accompagnés d'exposés sur la disparition du pouvoir de dévaluation, la complémentarité des banques et des marchés, la géopolitique des monnaies. De quoi peut-être détourner de nombreux esprits de l'illusion populiste.

 

Alain Lemasson , ancien banquier, est fondateur d'Infofi 2000.

 

  

 

 

 

 

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09/12/2018